"C’est Goldman Sachs qui dirige le monde et pas les politiques" – BBC

Interview du trader londonien indépendant Alessio Rastani qui prédit un Krach et déclare à la BBC que le monde n’est pas dirigé par les politiques mais par Goldman Sachs.

Edit : Le 26 septembre 2011, ce trader faisait le buzz sur internet. Dans une interview à la BBC, Alessio Rastani déclarait rêver tous les jours de la prochaine grande crise, celle qui lui permettrait de faire beaucoup d’argent. Car, comme trader, c’était son seul but. Certains médias ont affirmé qu’il s’agissait d’un canular. La très sérieuse BBC a pourtant confirmé qu’il ne s’agissait pas d’un imposteur. Par ailleurs, il parle en termes convaincants de son expérience du trading dans une interview donnée à Forbes. Quoi qu’il en soit, ce qui compte c’est le message et les réactions qu’il suscite. Voici un article alors paru sur le blog de Paul Jorion :

On nous dit que cela pourrait être un acteur, mais le fait même que le doute soit possible est significatif du discrédit généralisé à l’encontre de ce que font ces gens.

On nous dit que c’est un outsider, qui ne représente rien ni personne. Mais justement, seul un outsider pouvait dire cela, et pas un employé de banque qui serait viré dans la minute.

On nous dit que c’est un sociopathe ou un psychopathe, selon l’école psychiatrique dont on revendique l’autorité, mais cela ne résout pas la question. Est-ce que l’on n’a pas déjà montré sur le blog de Paul Jorion et depuis longtemps que tous les traders sont des sociopathes qui font précisément ce qu’il prétend faire ? C’est de cela dont ils doivent se défendre en général, et pas à propos de ce particulier là.

Les effets de vérité

Peu importe qui il est, ce qui importe c’est ce qu’il dit, et comment c’est pris. Ce qui nous intéresse, ce sont les effets de vérité créés par des discours, même faux.

Par exemple, de par les réactions qu’ils suscitent :

Incrédulité : de ceux qui croyaient encore que les marchés étaient socialement utiles.
Disqualification : par ceux qui ont des raisons de faire croire que les marchés sont socialement utiles.
Confirmation : pour ceux qui ont cessé de croire ou n’ont jamais cru que les marchés étaient socialement utiles.

Braves spéculateurs pères de famille, Mr Alessio Rastani vous tend le miroir de Dorian Gray. Non pas que vous vous y soyez vus éternellement jeunes et avenants mais tout de même bien justifiés de penser à vos vieux jours et « à l’avenir de vos enfants ». Il vous montre ce que c’est que quelqu’un qui prend réellement au sérieux le fait de croire que le monde sera le même après la fin du monde, qu’il y a une crise, dont on peut profiter, et même le plus grand nombre, mais que ce ne sera pas vraiment une crise puisque tout sera encore comme avant. C’est complètement absurde en plus d’être moralement ignoble.

Mr Alessio Rastani, qu’il soit un personnage réel ou fictif,  vous parle d’un monde où cela n’a pas de sens d’avoir des enfants. Mais ce n’est pas pour cela que vous lâcherez votre cassette, n’est-ce pas ? C’est une partie de votre âme, de vous-même, c’est là que vous avez mis toutes vos angoisses et tous vos espoirs. Précipiter la déroute tout en se berçant de l’illusion que c’est la meilleure chose à faire tout autant que l’on n’y est pour rien puisque l’imagination humaine est décidément sans limite.

Une activité à interdire

Il reste la réaction normale de milliers de gens normaux, qui pensent que l’activité de tous les petits Alessio Rastani est socialement néfaste, et comme telle doit être interdite, maintenant. Des milliers de gens normaux qui ont pour ambition normale de mener une vie juste et décente, pour lesquelles l’accumulation infinie ou pas de richesse est un comportement indécent, anormal et dangereux. Ces milliers de gens dont on nous a prétendu qu’ils n’existaient pas. Ceux qui vont faire le monde de demain, forcément, puisque les autres sont en train de s’auto-détruire.

Braves petits spéculateurs bons pères de familles, accrocs à l’or ou à la pierre, il est encore temps de ne pas finir en Alessio Rastani de médiocre envergure. On vous a menti et on vous a trompé. Vous pouvez encore parler à votre voisin afin de construire un monde commun.

Il n’y a pas si longtemps la figure du trader était encore le modèle de réussite proposé à l’admiration des foules rêveuses. Il est en passe de devenir la figure la plus haïe et la plus méprisée du monde moderne.

C’est cela qui est significatif, et ce n’est pas un bon signe pour le capitalisme, s’il en fallait d’autres pour prouver son agonie…

Nikademus.

Nikademus est un pseudo. Cet article a d’abord été publié le 28 septembre à 12h21 sur le blog de Paul Jorion.

Un autre article à voir sur Le Monde : Qui est Alessio Rastani ? Trader sans foi ni loi ou mystificateur efficace ?

 

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LA BANQUE – Comment Goldman Sachs dirige le monde

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Goldman Sachs accusée d’avoir trompé des clients, les marchés ébranlés

La prestigieuse banque américaine Goldman Sachs est accusée d’avoir trompé ses clients en leur vendant des titres adossés à des prêts à risque, les fameux « subprime » à l’origine de la crise financière, un scandale qui pourrait éclabousser d’autres banques, notamment en Europe.

Le titre Goldman Sachs (-13,17 % à 160,00 dollars vers 19h25 GMT) a immédiatement dévissé à cette annonce, entraînant dans sa chute l’ensemble des valeurs financières à Wall Street. L’hémorragie s’est rapidement étendue à l’Europe, lorsque les autorités boursières américaines ont indiqué que leur enquête se poursuivait et ont éludé une question sur la possibilité que Deutsche Bank soit à son tour visée. Pour l’heure, la plainte déposée au civil par le gendarme de la Bourse (SEC) devant la justice civile ne vise que Goldman Sachs et l’un de ses vice-présidents, le Français Fabrice Tourre, pour une affaire évaluée à plus d’un milliard de dollars. La banque a rapidement promis de se défendre « vigoureusement » contre des accusations « complètement infondées ».

Dès la semaine dernière, Goldman Sachs avait pris les devants, en affirmant dans sa lettre annuelle aux actionnaires: « nous ne parions pas contre » nos clients. Mais selon la SEC, Goldman Sachs et Fabrice Tourre ont fait « des déclarations trompeuses et passé sous silence des faits essentiels sur certains produits financiers liés aux prêts subprime, au moment où le marché de l’immobilier résidentiel américain commençait à chuter » en 2007. La banque aurait notamment caché le fait qu’un de ses importants clients, le fonds spéculatif Paulson, avait poussé à la création du produit ABACUS incluant des valeurs immobilières au moment même où ce fonds prenait des positions pariant sur la chute du marché immobilier.

« Goldman, à tort, a permis à un client qui jouait contre le marché hypothécaire d’influencer lourdement quels titres immobiliers devaient être inclus dans un véhicule d’investissement, alors qu’au même moment elle disait à d’autres investisseurs que ces titres étaient choisis par un tiers indépendant et objectif », a accusé un responsable de la SEC, Robert Khuzami. La plainte de la SEC désigne Fabrice Tourre comme le principal responsable de cette manoeuvre, qui remonte à avril 2007: « Tourre a structuré la transaction, préparé les documents de commercialisation, et communiqué directement avec les investisseurs », alors même que, selon les informations de la SEC, il était au courant des positions du fonds Paulson sur le marché immobilier.

Six mois plus tard, les valeurs immobilières représentées par le produit ABACUS avaient perdu 83% de leur valeur, puis 99% dès janvier 2008. Mais entre temps, Goldman Sachs avait touché 15 millions de dollars du fonds Paulson pour l’établissement de ce véhicule d’investissement. M. Khuzami a expliqué que la SEC ne poursuivait pas le fonds Paulson (du fonds de l’investisseur John Paulson, sans lien avec l’ancien secrétaire au Trésor Henry Paulson) au motif que ce n’est pas lui qui communiquait directement avec les investisseurs. « Nous n’étions pas impliqués dans le marketing des produits Abacus », s’est également défendu le fonds Paulson. La SEC a refusé de commenter des informations de la chaîne de télévision CNBC, selon laquelle son enquête s’est appuyée sur des révélations d’un ancien responsable du fonds Paulson, Paolo Pellegrini, considéré comme un architecte des paris de cette firme d’investissement sur la chute du marché immobilier, qui ont rapporté une fortune au fonds.

Elle a en revanche averti qu’elle continuait à enquêter sur les pratiques de banques d’investissements « dans la titrisation de produits financiers complexes liés au marché immobilier américain au moment où il » a commencé à se retourner.

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Goldman Sachs aurait aidé la Grèce à camoufler sa dette

D’après le New York Times, la banque américaine aurait proposé à la Grèce des outils financiers lui permettant de renflouer ses comptes tout en dissimulant les transactions. La banque aurait empoché au passage près de 300 millions de dollars.

Un nouveau scandale pour Goldman Sachs ? Après avoir été accusée de la faillite de l’assureur AIG, la banque américaine est montrée du doigt par la presse américaine qui lui reproche d’avoir joué un rôle majeur dans la crise que connaît la Grèce au sujet de sa dette. Le New York Times publie dans son édition ce lundi des informations mettant directement en cause l’établissement financier. Sur la base de témoignages de banquiers anonymes, l’article révèle que Goldman Sachs aurait, avec l’appui d’autres banques de Wall Street comme JP Morgan Chase, développé des outils permettant à la Grèce d’emprunter tout en dissimulant l’ampleur de sa dette pendant plusieurs années.

Les faits remonteraient à 2001. A cette époque, la Grèce fait son entrée dans la zone euro. Pour s’aligner sur les traités en vigueur en matière de déficit, le pays choisit d’emprunter des milliards «et de continuer à vivre au dessus de ses moyens plutôt que de réduire ses dépenses ou d’augmenter ses impôts», écrit le journal. Goldman Sachs aurait contribué au stratagème au travers d’un «swap de devises», c’est-à-dire un échange de monnaie plutôt qu’un emprunt traditionnel.

Cet outil, tout à fait légal, permet à la Grèce d’emprunter sans faire apparaître les montants dans les statistiques officielles. Au passage, Goldman Sachs empoche 300 millions de dollars de commission. L’affaire se serait reproduite en 2002. Et ces mêmes outils auraient été utilisés par d’autres pays d’Europe du Sud comme l’Italie, l’Espagne ou le Portugal.

Goldman Sachs aurait poursuivi son rôle de banque de marché et de conseil jusqu’en novembre 2009, soit trois mois avant que «l’affaire grecque» n’éclate, faisant trembler le monde de la finance. A cette date, une équipe de Goldman Sachs aurait proposé au gouvernement grec un outil financier permettant de repousser à une date plus lointaine le poids de la dette sociale. La Grèce aurait décliné l’offre.

Une information de presse évoquait également le rôle d’intermédiaire qu’aurait joué la banque auprès de la Chine dans le cadre de la vente d’un portefeuille d’obligation de 25 milliards d’euros et d’une participation dans la National Bank of Greece fin janvier. La Grèce a démentie fin janvier.

Ce nouveau scandale s’ajoute en tout cas aux critiques multiples autour de Goldman Sachs, accusée d’avoir investi massivement dans les credit default swaps (CDS) pour profiter de la crise.

source : Le Figaro

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