Margin Call : La nuit où Wall Street a craqué

Dans  »Margin Call », le premier film du réalisateur américain J.C. Chandor (sur les écrans français ce mercredi 2 mai 2012), les cadres d’une grande banque ont une nuit pour sauver leur peau.

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C’était le 15 septembre 2008. Les employés de Lehman Brothers, à New York, sortent de l’immeuble de la banque avec leurs cartons dans les bras. Ils sont virés. La plus grande crise financière depuis 80 ans commence.

Margin Call, le film de J.C. Chandor, s’inspire largement de ces événements. Le scénario raconte comment, pendant 24 heures, les employés d’une banque d’investissement de Wall Street vont tout faire pour tenter de limiter les dégâts alors qu’ils voient le krach arriver, comme un tsunami qu’ils sont incapables d’arrêter.

 

La nuit tombe sur Manhattan

Menu fretin, poissons pilotes ou requins de la finance, à tous les niveaux de la banque, tous sont concernés. Mais seuls une poignée de banquiers, de traders et d’analystes savent qu’ils vivent les dernières heures d’une époque révolue. Au dernier étage de leur gratte-ciel, ils regardent la nuit tomber lentement sur Manhattan. Ils ont des informations confidentielles sur le krach qui se prépare…

La nuit sera longue, faite de discussions, de décisions à prendre, d’alliances et de trahisons. Sauver le système? Sauver la banque? Sauver sa peau? Au lever du jour, à l’ouverture des cours de la bourse, le monde entier sera soumis à un effondrement économique historique qu’eux seuls ont pu anticiper – et qu’ils ont contribué à produire.

 

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Margin Call, qui se déroule sur 24 heures et en un seul lieu, raconte les différentes étapes de la catastrophe : « De la naissance du soupçon à la totale prise de conscience de l’étendue du cataclysme, de l’examen des dégâts, à la fois personnels et financiers, au retentissement du gong final, lorsque le  »bain de sang » des négociations s’achève », explique le réalisateur. « A chaque échelon de la hiérarchie, de l’analyste junior aux dirigeants historiques, chacun doit tenter de gérer la situation et assumer sa part de responsabilité dans ce cauchemar devenu réalité ».

Pour ce film d’un réalisme étonnant et aux dialogues acérés, J.C. Chandor a réuni un casting AAA : Kevin Spacey, Demi Moore, Paul Bettany, Jeremy Irons, Zachary Quinto, Stanley Tucci, Simon Baker et Penn Badgley. Ces acteurs de grande classe font du film un thriller passionnant, basé sur des faits réels mais loin du documentaire.

 

 »Souvenez-vous de ce jour »

Loin aussi des Wall Street (1 et 2) d’Oliver Stone parce plus proche d’une réalité encore chaude, c’est le premier film qui traite avec autant d’acuité de la crise financière mondiale de 2008 et de son déclenchement. « Souvenez-vous de ce jour, les gars. Souvenez-vous de ce jour », dit Kevin Spacey à ses collègues.

Margin Call est le premier film de J.C. Chandor, tourné avec un petit budget et en dehors du circuit des grands studios d’Hollywood. Sorti en octobre dernier aux Etats-Unis, il a été présenté dans de nombreux festivals de films indépendants et a été nommé pour l’Oscar du meilleur scénario original (battu par Minuit à Paris, de Woody Allen).

 

Un père chez Merrill Lynch

C’est avant tout un thriller (il a reçu récemment le Grand Prix du Festival du film policier de Beaune), mais très documenté sur le monde de la finance et sur le krach de 2008. « Je pense que beaucoup de gens se demandent comment j’ai pu acquérir cette compréhension fondamentale du monde de la finance, alors que je n’y ai jamais travaillé », explique le réalisateur. « En fait, mon père a travaillé dans ce milieu, chez Merrill Lynch, pendant près de 40 ans, c’est pourquoi j’ai une connaissance des gens qui y travaillent et, plus importants, je comprends les choses et les gens qui les intéressent ».

Voilà pourquoi les dialogues et les situations du film paraissent si crédibles. On a tout compris quand on entend Jeremy Irons, qui joue le PDG de la banque, expliquer comment on se sauve quand arrive une catastrophe de ce genre : « Il y a trois moyens de gagner de l’argent dans ce métier: être le premier, être le plus intelligent, ou tricher ».

 

Margin Call
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Le TED spread : un indicateur de perception du risque de crédit

TED spreadLe TED spread (contraction de « Treasury EuroDollar ») est un indicateur de risque de crédit.

Quand le TED spread augmente, c’est un signe que les prêteurs estiment que le risque de défaut sur ​​les prêts interbancaires augmente. C’est l’indice de la défiance entre banques.

Techniquement, Le TED spread mesure la différence entre les T-Bill à 3 mois (taux des bons du Trésor américain), considérés comme sans risque, et ceux pratiqués également à 3 mois par les banques lorsqu’elles se prêtent de l’argent entre elles (le Libor).
Lorsque le TED spread augmente, cela signifie que la déconnexion entre ces deux taux s’accroît : le risque de crédit est considéré comme étant en hausse, et les investisseurs vont alors chercher à se réfugier dans des valeurs sûres

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Outil d’évaluation des options

La prime d’une option est évaluée à partir des 6 éléments suivants :

– le cours du sous-jacent
– le prix d’exercice de l’option
– la durée de vie de l’option (jusqu’à son échéance)
– le taux d’intérêt sans risque
– le dividende (s’il est détaché en cours de vie de l’option)
– la volatilité du sous-jacent

Voici un site présentant un kyrielle d’outils d’évaluation, utilisant plusieurs modèles, dont Black & Scholes et le modèle binomial : http://www.hoadley.net/options/options.htm

J’ai testé la version gratuite de l’OSET – Options Strategy Evaluation Tool, dont une copie d’écran ci-dessous

Vous pouvez le télécharger à cette adresse : http://www.hoadley.net/options/download.htm

J’ai simulé le covered call sur 200 titres SOCIETE GENERALE que nous avons acquis à 18,5 € par assignation sur nos puts.
Les 2 calls échéance décembre strike 17,5 sont vendus 1,47 € (milieu de la fourchette du bid et ask à la clôture de vendredi)
Le seul paramètre qui me manquait était la volatilité, que j’ai obtenue par déduction : 98%

J’ai ainsi renseigné :
– la cotation du titre 16,665
– le capital mobilisé : 3700
– le taux sans risque de la BCE : 1,25%
– la date de transaction : 18/11/2011
– la date d’expiration : 16/12/2011
– le strike : 17,5
– l’achat des 200 titres à 18,5
– j’ai fait varier le % de volatilité jusqu’à atteindre le prix proposé par le marché : 1,47

La simulation ne prend pas en compte les frais.

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"C’est Goldman Sachs qui dirige le monde et pas les politiques" – BBC

Interview du trader londonien indépendant Alessio Rastani qui prédit un Krach et déclare à la BBC que le monde n’est pas dirigé par les politiques mais par Goldman Sachs.

Edit : Le 26 septembre 2011, ce trader faisait le buzz sur internet. Dans une interview à la BBC, Alessio Rastani déclarait rêver tous les jours de la prochaine grande crise, celle qui lui permettrait de faire beaucoup d’argent. Car, comme trader, c’était son seul but. Certains médias ont affirmé qu’il s’agissait d’un canular. La très sérieuse BBC a pourtant confirmé qu’il ne s’agissait pas d’un imposteur. Par ailleurs, il parle en termes convaincants de son expérience du trading dans une interview donnée à Forbes. Quoi qu’il en soit, ce qui compte c’est le message et les réactions qu’il suscite. Voici un article alors paru sur le blog de Paul Jorion :

On nous dit que cela pourrait être un acteur, mais le fait même que le doute soit possible est significatif du discrédit généralisé à l’encontre de ce que font ces gens.

On nous dit que c’est un outsider, qui ne représente rien ni personne. Mais justement, seul un outsider pouvait dire cela, et pas un employé de banque qui serait viré dans la minute.

On nous dit que c’est un sociopathe ou un psychopathe, selon l’école psychiatrique dont on revendique l’autorité, mais cela ne résout pas la question. Est-ce que l’on n’a pas déjà montré sur le blog de Paul Jorion et depuis longtemps que tous les traders sont des sociopathes qui font précisément ce qu’il prétend faire ? C’est de cela dont ils doivent se défendre en général, et pas à propos de ce particulier là.

Les effets de vérité

Peu importe qui il est, ce qui importe c’est ce qu’il dit, et comment c’est pris. Ce qui nous intéresse, ce sont les effets de vérité créés par des discours, même faux.

Par exemple, de par les réactions qu’ils suscitent :

Incrédulité : de ceux qui croyaient encore que les marchés étaient socialement utiles.
Disqualification : par ceux qui ont des raisons de faire croire que les marchés sont socialement utiles.
Confirmation : pour ceux qui ont cessé de croire ou n’ont jamais cru que les marchés étaient socialement utiles.

Braves spéculateurs pères de famille, Mr Alessio Rastani vous tend le miroir de Dorian Gray. Non pas que vous vous y soyez vus éternellement jeunes et avenants mais tout de même bien justifiés de penser à vos vieux jours et « à l’avenir de vos enfants ». Il vous montre ce que c’est que quelqu’un qui prend réellement au sérieux le fait de croire que le monde sera le même après la fin du monde, qu’il y a une crise, dont on peut profiter, et même le plus grand nombre, mais que ce ne sera pas vraiment une crise puisque tout sera encore comme avant. C’est complètement absurde en plus d’être moralement ignoble.

Mr Alessio Rastani, qu’il soit un personnage réel ou fictif,  vous parle d’un monde où cela n’a pas de sens d’avoir des enfants. Mais ce n’est pas pour cela que vous lâcherez votre cassette, n’est-ce pas ? C’est une partie de votre âme, de vous-même, c’est là que vous avez mis toutes vos angoisses et tous vos espoirs. Précipiter la déroute tout en se berçant de l’illusion que c’est la meilleure chose à faire tout autant que l’on n’y est pour rien puisque l’imagination humaine est décidément sans limite.

Une activité à interdire

Il reste la réaction normale de milliers de gens normaux, qui pensent que l’activité de tous les petits Alessio Rastani est socialement néfaste, et comme telle doit être interdite, maintenant. Des milliers de gens normaux qui ont pour ambition normale de mener une vie juste et décente, pour lesquelles l’accumulation infinie ou pas de richesse est un comportement indécent, anormal et dangereux. Ces milliers de gens dont on nous a prétendu qu’ils n’existaient pas. Ceux qui vont faire le monde de demain, forcément, puisque les autres sont en train de s’auto-détruire.

Braves petits spéculateurs bons pères de familles, accrocs à l’or ou à la pierre, il est encore temps de ne pas finir en Alessio Rastani de médiocre envergure. On vous a menti et on vous a trompé. Vous pouvez encore parler à votre voisin afin de construire un monde commun.

Il n’y a pas si longtemps la figure du trader était encore le modèle de réussite proposé à l’admiration des foules rêveuses. Il est en passe de devenir la figure la plus haïe et la plus méprisée du monde moderne.

C’est cela qui est significatif, et ce n’est pas un bon signe pour le capitalisme, s’il en fallait d’autres pour prouver son agonie…

Nikademus.

Nikademus est un pseudo. Cet article a d’abord été publié le 28 septembre à 12h21 sur le blog de Paul Jorion.

Un autre article à voir sur Le Monde : Qui est Alessio Rastani ? Trader sans foi ni loi ou mystificateur efficace ?

 

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La crise grecque et l’Europe

La chronique de Julie Clarini sur France Culture ce matin dénonce les propos de Jean Claude Juncker sur la souveraineté de la Grèce qui « va être énormément restreinte dans les mois qui viennent » suite à l’adoption du plan de sauvetage.

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CDS : flambée des assurances sur les dettes souveraines

Les dérivés sur évènement de crédit (ou credit default swap, CDS) sont des assurances acquises par les investisseurs ayant acheté de la dette souveraine.

Les CDS permettent à l’acheteur de se prémunir d’un éventuel défaut de paiement. La valeur du CDS se mesure en point de base : c’est le taux annuel à débourser, calculé sur la valeur nominale de la dette souveraine achetée.

Ils sont un bon indicateur des difficultés des pays souverains à rembourser leur dette ainsi que de la confiance du marché.

Voir l’infographie du journal Le Monde

CDS

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L’Europe et le piège grec